Humeur

Toujours là!

Eh oui je suis toujours connectée à internet quoiqu’en pensent mes lecteurs qui m’ont crue, une fois de plus, disparue de la blogosphère.

Vous dire que la dernière année a été pleine d’action serait un doux euphémisme. Je ne vais pas tout vous raconter, mais  j’ai comme qui dirait un peu changé de vie, en tout cas par moments, depuis que je suis l’heureuse propriétaire d’une jolie maison dans la plus chouette petite ville de Bretagne, j’ai nommé Paimpol. Voilà ce qui m’a tant occupée dernièrement, et puis il y a aussi un truc, c’est que plus longtemps on abandonne son blog… plus longtemps on abandonne son blog. (Non, je n’ai pas de bug, je dis juste que plus je laisse passer de temps sans écrire ici et moins je sais par où commencer un article, ce qui fait que je n’en commence pas, ce qui fait que les semaines passent, et que j’en commence encore moins; bon vous voyez ce que je veux dire.)

Donc, revenons à nos moutons, bretons ça va sans dire. Je vous écris depuis un canapé posé au coin d’une cheminée où, si l’envie m’en prenait, je pourrais en griller un, de mouton, justement. La cheminée en question siffle furieusement, puisque Petra, la tempête, fait des siennes depuis hier. Cette nuit, le vent soufflait si fort que la charpente de ma maison bien-aimée craquait comme un vieux bateau. C’était très impressionnant, mais cette maison est là depuis 1772, elle a dû en voir d’autres, alors j’ai dormi comme un loir: la pluie qui cogne sur les carreaux et les cheminées qui sifflent, moi, ça me berce mieux que n’importe quel CD de relaxation. Après mes rituels trois cafés du matin, je suis allée faire un tour au bord de la mer, armée de mon appareil photo, toute excitée à l’idée de voir des vagues énormes se briser sur la jetée et projeter des gerbes d’embruns dans le port. Ouest-France annonçait des creux de 9m et un risque de submersion, particulièrement à marée haute, et particulièrement à Paimpol. Mais voilà, la ville a été construite par des gens qui en avaient sous leur chapeau rond: la baie est profonde et orientée au Nord Est, et comme le vent vient du Sud Ouest, c’est tout juste s’il y avait 40cm de vaguelettes à l’entrée du port. Par contre, dire que j’ai failli m’envoler pendant ma balade est un peu exagéré, mais pas tant que ça! Vous pouvez me croire, ça vaut toutes les vitamines du monde, ce temps-là. Les joues roses, le col du caban bien remonté et les cheveux en bataille (ce qui est l’allure habituelle de la paimpolaise, à vrai dire: je me fonds dans le décor) je suis allée prendre un petit café dans un bistrot du port où s’étaient réfugiés tous ceux qui comme moi, pensaient assister à un spectacle dantesque. On a tous fini avec un petit crème sous les chaufferettes de « L’Epoque », le Sénéquier de Paimpol. La tempête du siècle, c’était encore pas pour aujourd’hui. (Tout le monde s’est dit que c’était quand même une chance que Petra n’ait pas pointé son nez le week-end dernier, où pour cause de grandes marées, le port a débordé sur les quais et les rues alentour.)

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Il se passe quelque chose de spécial dans cette ville. D’abord, l’air marin, comme disait ma grand-mère, ça fouette le sang. Ce qui fait que je suis plus matinale ici que je ne l’ai jamais été à Paris. (et aussi que le soir, je n’ai pas de scrupules à me coucher tôt, parce que niveau vie nocturne, c’est calme, très calme. Mais on s’en fiche, parce que si j’avais acheté une maison pour passer mes nuits en boîte, j’aurais plutôt choisi Ibiza) Ensuite, la région est superbe et regorge de petits ports plus choupinets les uns que les autres, de criques, de falaises, le tout sous des lumières magiques. On mange bien, ce qui est un atout non négligeable: ici, on est au pays du homard bleu, du bar de ligne, de l’araignée de mer, des huîtres et de la coquille Saint Jacques, rien que ça. Et puis vous savez quoi, en Bretagne, il fait beau. Plusieurs fois par jour, dit-on, parce que le temps change sans arrêt, donc quand je me lève et que le ciel est gris foncé, y’a des chances pour que ça ne dure pas. Ce qui est sûr c’est que depuis que je viens à Paimpol, c’est à dire un peu plus d’un an, il fait toujours meilleur ici qu’à Paris. Cet été c’était la canicule, enfin à l’échelle locale, c’est à dire qu’il faisait 30° et que les gens d’ici étaient éreintés et brûlaient des cierges pour que ça ne dure pas trop. Pendant ce temps les parisiens se régalaient et postaient chaque jour sur Facebook et Instagram et Twitter et partout pour dire que ça tapait fort en Bretagne et qu’ils avaient chopé des coups de soleil de dingue. (oui, moi aussi je l’ai fait)

Les Paimpolais sont vraiment des gens chouettes. Ici, tout le monde dit bonjour à tout le monde, et même moi qui ne suis pas super extravertie, je papote avec les gens dans la rue, au bistrot, sur le port. Quand je suis devenue « Paimpolaise à temps partiel », je n’imaginais pas que chaque jour je pourrais bavarder de la pluie et (surtout!) du beau temps avec au moins dix personnes différentes. Les Bretons sont cools, cqfd. (Quand je rentre à Paris, je m’interroge. Est-ce que tous ces gens qui font la tronche ont une vraie raison ou bien c’est juste par principe??)

Et puis cet été j’ai fait un truc que je n’aurais pas imaginé il y a encore peu: j’ai passé mon permis bateau. Et je l’ai eu. Et oui, c’est dur de bachoter le code Vagnon, bien plus dur qu’à 18 ans quand on ingurgite le code de la route. Dans la foulée est arrivée Flora. Flora, c’est un rêve de petite fille qui s’est réalisé le jour de la Sainte Charlotte: un joli et vaillant petit bateau qui s’est retrouvé sans rien avoir demandé aux mains d’une parisienne malhabile, alors qu’il aurait pu être acheté par un vieux breton buriné, avec un bonnet et une pipe, et surtout une connaissance sans faille de tous ces p*%!#< de cailloux et autres p*%!#< de spots de pêche au homard et des p*%!#< de parcs à huîtres qui se mettent sur notre route rien que pour nous faire des frayeurs. (ok, j’aime les homards et les huîtres et on est particulièrement gâtés dans la région alors je tempère un peu. Pour les cailloux, pas de pitié.) Connaissance qui me manque cruellement, bien entendu, ce qui a couté à Flora deux hélices cet été. N’empêche, Flora, je la kiffe! (oui, j’ai t’huit ans et j’écris « kiffe » si ça me chante) Elle nous emmène faire de superbes balades autour des îles de Saint Rion (bim, une hélice) et de Bréhat (et re-bim) et supporte sans broncher mes accostages approximatifs (boum). Elle n’est pas rancunière, et au printemps si ça se trouve elle et moi on ira à la pêche, mais oui.

Il faut que je vous raconte ce truc idiot à propos de Flora. Quand on l’a eue, elle s’appelait déjà Flora. Petite, on me racontait qu’en Bretagne, débaptiser un bateau, ça portait malheur; mais quand même, on avait envie de lui choisir un nouveau petit nom. « Soï 22 » était une des options, ceux qui connaissent Bangkok comprendront, en plus 22 c’est aussi les Côtes d’Armor, ça tombait bien. Bref, juste après avoir signé l’achat, je vais chez l’assureur de l’autre côté de la rue pour souscrire mon « contrat plaisance »  (Croyez-le ou pas, c’est invraisemblable, mais il n’est pas obligatoire d’assurer un bateau de plaisance. C’est dingue non? Moi, en tout cas, j’ai TOUT pris!) et je dis à la gentille dame qui me reçoit « Pour le nom, je sais pas encore, je peux vous dire ça demain? » Et là, je ne vous mens pas, j’ai cru qu’elle allait avoir une attaque. Elle ouvre des yeux épouvantés et me répond, atterrée: « Mais vous n’allez quand-même pas changer son nom??! » Ben non, alors… elle s’appelle Flora, d’ailleurs c’est très joli, Flora!

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