Cinéma

Saint Laurent, version Bonello

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Le mardi après-midi, je n’aime pas trop rester chez moi. Car le mardi après-midi une dame formidable me fait une maison toute belle et des chemises bien repassées… et bon j’avoue, quand je ne travaille pas, je suis super gênée à l’idée de traîner dans l’appartement avec un bouquin ou pire, de regarder un film pendant qu’elle bichonne mon linge. Manquerait plus que je mange un bout et que je fasse tomber trois miettes pour être totalement morte de honte. Donc, le mardi si je n’ai pas de boulot, je sors. Cette semaine, j’ai filé au MK2 Quai de Seine pour voir « Saint Laurent » de Bertrand Bonello. Mes chers lecteurs, si l’idée d’un film de 2h30 vous fait frémir, attendez-vous à changer d’avis. Enfin, si vous êtes un minimum sensible à la mode et surtout à la beauté. Car vous allez en être submergés, vous voilà prévenus.
Alors certes, le film n’est pas un panégyrique du créateur, dont on voit aussi le côté sombre, sex, drugs and rock’n’roll; mais qui a jamais cru que les génies, dans les années 60 et 70, se nourrissaient de cinq fruits et légumes par jour, accompagnés d’un litre et demi de thé vert? Pas moi. Tout le petit monde gravitant autour du grand homme passe donc les trois quarts de sa vie à fumer des clopes et à descendre force bouteilles de champagne chez Régine ou à Marrakech. Les costumes, les décors et les accessoires sont tout simplement splendides, tout est soigné à l’extrême, la photo est somptueuse et les acteurs magnifiques. Jérémie Rénier en Pierre Bergé est très bien, Aymeline Valade et Léa Seydoux (Betty Catroux et Loulou De La Falaise) aussi, et à ma grande surprise, Amira Casar – que je trouve souvent trop monolithique pour être crédible – est parfaite dans la peau d’Anne-Marie Munoz… mais ma palme d’or perso revient sans conteste à Gaspard Ulliel qui campe un Saint Laurent époustouflant, fragile, mélancolique, enthousiaste et émouvant, avec une forme de mimétisme incroyable mais sans rien de caricatural. Même ce qui pourrait être glauque est rendu beau par Bonello qui excelle derrière la caméra. Ma seule réserve concerne le rôle de Jacques De Bascher, l’amant de Saint Laurent (et de Lagerfeld), joué par un Louis Garrel plus voyou qu’aristo décadent. Mais c’est bien peu de choses face à l’extraordinaire portrait d’un homme et de toute un époque (on suit Saint Laurent et Bergé de 1967 à 1976, avec quelques flashes-back dans l’enfance du créateur et quelques projections dans ses vieux jours, où il est incarné par un Helmut Berger magistral)
La scène du défilé de 1976, filmée en split-screen (Saint Laurent en coulisses, les pieds des mannequins, le public, les vêtements) rappelant les tableaux de Mondrian est étourdissante, brillante, merveilleuse. Et voilà comment on sort les larmes aux yeux d’un cinéma, transportée, éblouie et regrettant que le film ne dure pas quatre heures!

Trêve de superlatifs, ce film est de ceux qu’on voit sur grand écran et sans attendre qu’il soit disponible sur la VOD!. Vous savez ce qu’il vous reste à faire!

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2 réflexions au sujet de « Saint Laurent, version Bonello »

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