Livres

« Le Météorologue » d’Olivier Rolin

Olivier Rolin est un auteur dont j’aime beaucoup les livres, et cela depuis longtemps déjà.
Un jour que je prenais un café sur le port de Paimpol, il m’a semblé le voir passer, mais j’ai mis ma vision sur le compte de mon réveil trop matinal. Et puis un autre jour, rebelote. Je n’avais pas rêvé, en fait. Paimpol est décidément un repère d’écrivains.
Bref, bien avant de connaître le Goelo et ses adeptes, j’avais dévoré « Suite à l’Hôtel Crystal » et « Tigre en papier » alors quand j’ai vu un nouveau livre d’Olivier Rolin à la librairie voisine, j’ai plongé. Et grâce à une amie « parisianopaimpolaise » qui m’a gentiment présentée au « tigre », me voici heureuse lectrice dudit bouquin, joliment dédicacé.

Je ne vais pas vous cacher que j’ai eu un peu de mal avec les vingt premières pages; ça vient d’un problème que j’ai avec les noms russes: mon petit cerveau est incapable de les mémoriser tant qu’il ne les a pas lus quarante fois au moins. Heureusement l’écriture, érudite, élégante et fluide, préserve le lecteur de tout découragement. C’est avec un grand plaisir (du genre qui vous fait ralentir pour ne pas arriver trop vite à la dernière page) que je suis désormais l’histoire -vraie- du pauvre Alexeï Feodossiévitch Vangengheim, chef du service hydrométéorologique unifié de l’URSS, déporté pour sabotage. Le héros n’en est pas un, du moins pas avec un grand H; c’est un « innocent moyen », broyé par une bureaucratie répressive perverse. C’est sans doute ce qui le rend si attachant. Il s’accroche inlassablement à l’idée que tout va s’arranger, que le régime finira par l’innocenter, puisque ce même régime est indéniablement ce qu’il faut au monde pour se guérir de tous les maux, et puisqu’il a toujours fait preuve d’un dévouement sans faille. Et quand l’espoir s’amenuise, ce sont sa femme et sa fille, auxquelles il écrit durant toutes ses années de captivité, les livres de la bibliothèque du camp, ses travaux et les petits moments d’humanité du quotidien qui le font tenir malgré tout.

Une plongée dramatique, parfois cocasse, ironique et féroce dans les arcanes de l’administration soviétique et ses camps de rééducation par la travail. Au delà, on lit l’espoir fracassé et la terrible désillusion après les extraordinaires promesses de l’utopie communiste.

Olivier Rolin a découvert lors d’un voyage en Russie les lettres et les objets que Vangengheim a envoyé à sa fille Eléonora durant toute sa captivité aux îles Solovki, et qu’elle regroupa plus tard en recueil; ce fut le point de départ de son enquête. « Le météorologue » est un grand roman, comme un hommage aux innocents que la fureur stalinienne a tenté d’effacer, et qui, grâce à la littérature, survivent par delà le tonnerre des pelotons d’exécution dans les forêts russes.

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