Voyages

One day in Bangkok

Attention, ce billet risque d’être trèèès long, car je me lance sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur; j’ai nommé la Cité des Anges, Krung Thep Mahanakhon Amon Rattanakosin Mahinthara Ayutthaya Mahadilok Phop Noppharat Ratchathani Burirom Udomratchaniwet Mahasathan Amon Piman Awatan Sathit Sakkathattiya Witsanukam Prasit; c’est le nom de lieu le plus long du monde, et ça signifie ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d’émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dans l’énorme Palais Royal pareil à la demeure céleste, règne du dieu réincarné, ville dédiée à Indra et construite par Vishnukar. Rien que ça! Comme ça dépasse des cases des formulaires (et que c’est un peu dur à mémoriser, peut-être?) ici on dit Krung Thep. Sinon, Bangkok ça va aussi.

C’est presque l’anniversaire de mon premier voyage en Asie et de ma rencontre avec cette ville, c’était en janvier 2000. (Bim, coup de vieux) J’ai eu un coup de foudre et quinze ans après, ça continue.
Je suis sur un balcon de l’hôtel Shangri La, repaire de rêve face au fleuve, toujours émerveillée par cette vue incroyable, le trafic incessant des barges énormes tractées par de minuscules remorqueurs, bateaux bus bondés, navettes d’hôtels, long-tail boats pétaradants, tout ça dans une apparente anarchie (mais sans doute pas tant que ça puisque malgré les dizaines d’heures que j’ai passé à admirer béatement le panorama, je n’ai encore assisté à aucun accident)

Cette ville je l’ai aimée dès ma descente d’avion, et ça ne s’est pas démenti depuis. Elle ne laisse pas indifférent: certains comme moi s’y sentent immédiatement comme des poissons dans l’eau, d’autres la détestent irrémédiablement.
Les premières années, on y arrivait par l’ancien aéroport de Don Muang; dès l’ouverture des portes de l’avion, l’odeur de Bangkok vous assaillait. C’est un mélange de bitume brûlant, d’humidité, de durian, de jasmin et de gaz d’échappement. Un peu acre, un peu douceâtre, reconnaissable entre mille.
Aujourd’hui l’aéroport Suvannabhumi a remplacé Don Muang pour les vols internationaux, c’est plus propre, plus chic, plus climatisé. Mais le charme opère toujours!

Ma première journée ici suit un programme assez immuable. D’abord, une bonne session piscine-chaise longue au bord du fleuve, pour s’acclimater tranquillement (passer de 5 à 35 degrés, c’est bon mais un peu brutal). Au déjeuner, je craque pour un club-sandwich ou une caesar salad au Next2, un des restaurants de l’hôtel. J’ai un toc avec les club-sandwich: j’en commande presque dans chaque hôtel où je passe, au début de mon séjour, c’est un peu un test. Si le club est bon, alors l’hôtel devrait être parfait. Au Shangri La le test est validé depuis longtemps… Mais je continue à vérifier!

L’après-midi s’écoule tranquillement au bord de la piscine et vers 17h ou 17h30, c’est l’heure de m’enfuir, le moment où les moustiques attaquent, et même quand il n’y en a théoriquement pas (saison sèche, vent…) vous pouvez être sûrs que rien que pour moi ils vont faire un exception et sortir casser une petite graine. Je remonte donc dans ma chambre prendre une douche avant d’aller au massage.

Les salons un peu glauques qui ont fait le succès de Bangkok auprès de certains occidentaux existent toujours mais cèdent peu à peu du terrain à des lieux plus sages, du petit salon de quartier au plus luxueux des spas. Massage thaï, réflexologie plantaire, body scrub, manucure, pédicure, massage à l’huile, la carte des soins est longue mais les deux premiers sont des expériences à inscrire impérativement à votre to-do list!
A l’arrivée j’opte le plus souvent pour un « foot massage », proposé ici à tous les coins de rue, pour soulager mes gambettes – à cet instant « poteaux » serait plus juste – malmenées par le voyage et la chaleur. Après une heure de pétrissages vigoureux, on a la sensation d’être monté sur coussins d’air et d’avoir perdu trois kilos dans chaque jambe, un miracle! (Il s’agit plutôt d’un massage « pieds et jambes » en fait car on vous dorlote jusqu’aux genoux)
Le massage thaï est aussi un must. On devrait avoir l’interdiction de quitter le pays sans s’y être adonné. Il se pratique tout habillé (on vous prêtera un pyjama en coton) et consiste en une succession de pressions et d’étirements, de la pointe des pieds à la racine des cheveux. Certaines manipulations sont très impressionnantes et il n’est pas rare d’entendre craquer ses os sous les sollicitations de la masseuse! Le « nuat thaï » est enseigné dans les monastères et s’inscrit vraiment dans la médecine traditionnelle; il rééquilibre le squelette, améliore la circulation, libère les énergies, traite douleurs articulaires où musculaires, problèmes de dos, maux de tête, troubles digestifs… Bref c’est un massage « qui s’occupe de tout », plutôt préventif mais qui peut être aussi thérapeutique. Il dure une à deux heures et on en sort généralement fatigué; c’est surtout le lendemain qu’on en ressent les bienfaits, on est léger, délié, détendu. Le tout pour un prix extrêmement raisonnable, souvent entre 6 et 12€ pour une heure, autour de 50€ dans les spas des palaces. (En toute franchise, les meilleurs massages ne sont pas prodigués dans les endroits les plus chics, à croire que les masseurs des spas de luxe ont trop peur de vous abîmer! le massage devient un peu insignifiant faute de poigne, même si la beauté des lieux et l’atmosphère peuvent à elles seules valoir le déplacement)
Ces deux types de massage peuvent être un peu douloureux, mais pas question qu’ils virent à la séance de torture ponctuée de « ouille » et de « aïe »! Il ne faut donc pas hésiter à dire quand c’est trop désagréable, personne ne vous en voudra pour ça. Mais si vous voulez profiter de leurs vertus ancestrales il ne faut pas que ce soit trop doux non plus…
Les body-scrub sont un pur bonheur; la masseuse vous étrille pendant une heure avec une préparation parfois maison, souvent à base de produits locaux (pulpe et huile de coco entre autres) et après la douche, effet peau de bébé assuré! D’ailleurs certains salons proposent un « baby scrub » et je n’ai jamais su s’il s’agit d’une coquille ou d’un jeu de mots sur body/baby. C’est mille fois plus efficace que le gommage qu’on fait toutes rapidement sous notre douche et puis c’est un chouette moment de détente!
Un des très nombreux spas de Bangkok et mon favori: le Lavana, qui offre un service irréprochable dans des cabines spacieuses et joliment décorées dans le style « asiatique contemporain » pour des prix très raisonnables (massage thaï à 450 bahts pour une heure, soit 11€)

L’heure du dîner arrive à grands pas et Bangkok regorge de bons restaurants qui rendent le choix difficile. Un vrai casse-tête! (Oui, la vie est dure)
Pour les fruits de mer cuisinés à la thaï il y a un incontournable, Somboon Seafood, dont j’ai déjà parlé ici
Crabe au curry, baby clams au chili et basilic, poissons aux herbes, tom yam kung, tout y est délicieux. L’endroit n’est ni romantique ni chic, mais on y va pour la cuisine qui est parfaite.
Pour une ambiance plus roots, le même genre de cuisine (moins sophistiquée), les deux restos du Soï Texas, à Chinatown, sont des adresses en or. Le meilleur est T&K Seafood, mais il faut y arriver tôt (avant 19h30) ou être un peu patient… Son voisin, dont j’ai oublié le nom mais qui est juste de l’autre côté du soï, est bon aussi mais la carte est plus succincte. Grandes tables bancales qui colonisent les trottoirs et débordent sur la chaussée, ambiance bruyante et détendue, plats simples et savoureux, service ultra rapide: un très bon plan que j’aurais gardé secret il y a quelques années, quand l’endroit n’était fréquenté que par des thaïs et des chinois… Certains guides ayant vendu la mèche, la clientèle est désormais plus cosmopolite mais l’ambiance et la cuisine sont égales a elles-mêmes. T&K n’a pas de site web mais on trouve toutes les infos sur le web.
Un très bel endroit pour un dîner thaï chic: The Face Bangkok. C’est un ensemble de maisons traditionnelles en teck, entouré d’un splendide jardin. The Face compte un excellent thaï mais aussi un restaurant indien (délicieux), un bar cosy et une pâtisserie.
Si vous passez du temps à Bangkok et que la cuisine thaï finit par vous lasser, vous n’aurez aucun mal à trouver votre bonheur dans les nombreux restaurants internationaux que compte la ville. Des crêpes, un fish’n chips, une choucroute ou un bœuf bourguignon? Tout est possible!

Après le dîner, un verre dans un bar avec vue panoramique sur les lumières de la ville. Direction la State Tower, en bas de Silom Road. Le Sirocco et sa magnifique terrasse en plein ciel vous tendent les bras. La vue est à couper le souffle, les cocktails sont succulents (mention spéciale au Cosmopolitan, très réussi) mais si vous êtes sujet au vertige, abstenez-vous, l’endroit vous sera insupportable. On est au 63eme étage de la tour, les garde-fou sont en verre, c’est sublime mais très impressionnant, surtout s’il y a du vent!
Si l’aventure ne vous tente pas, il y a des centaines de jolis bars plus proches du plancher des vaches. A commencer par les bars d’hôtel, dont le mythique Bamboo Bar du Mandarin Oriental. Cocktails forcément exemplaires, standards de jazz, cave à cigares; ici on est dans un film. Pas un short ni une paire de tongs à l’horizon, chemise, pantalon et chaussures fermées sont requis pour les messieurs, les femmes sont priées de revêtir une tenue « appropriée », et c’est très bien comme ça. (Le Bamboo Bar est en cours de rénovation mais doit réouvrir d’ici une dizaine de jours.) Ça n’est pas exactement branchouille mais c’est tellement charmant qu’il faut absolument y passer. Un vrai voyage dans le temps!

La vie nocturne a pâti des politiques d’assagissement des dernières années et désormais tous les clubs ferment théoriquement à 1h en semaine et à 2h le weekend, si on veut faire la fête il faut donc s’y prendre tôt… Le soï 11 de Sukhumvit regroupe une foule de bars et de boîtes dont le célèbre QBar, une institution ici. Des DJ réputés viennent y mixer certains soirs et l’endroit, avec ses recoins et terrasses, draine une faune d’expats en goguette, de mauvais garçons et de jolies filles.
Dans le même soï se trouvent également le Levels Club et le (moins recommandable) Climax réputé pour ses fermetures tardives mais aussi pour son ambiance interlope. (A éviter si vous voyagez avec belle-maman, elle ne supporterait pas.)
Le soï est bordé de cocktails-cars, apparus en Thaïlande il y a quelques années; ce sont d’increvables Combi Volkswagen transformés en bars ambulants, avec comptoir escamotable, grosse sono, boule à facettes et stroboscopes pour certains, chacun avec quelques tabourets sur le trottoir. Attention aux chutes d’ailleurs, les trottoirs de Bangkok sont étroits et pleins de nids de poule, lesdits tabourets sont donc très instables, surtout après quelques vodka-tonic… Mais le principe est amusant et certains propriétaires de cocktail-cars ont vraiment fait fort sur la déco!

Ça n’est qu’un spot de nuit parmi d’autres mais il a l’avantage de concentrer tellement de restos, bars et clubs qu’on peut y passer une soirée entière, et rentrer se coucher en ayant eu un bon aperçu de la nuit bangkokoise. Les noctambules les plus acharnés trouveront bien d’autres adresses où satisfaire leur appétit de musique et de danse, quel que soit leur style favori!

Vous voilà prêts à passer une journée fantastique dans cette ville grouillante et pleine de surprises. Je ne vous donne pas toutes mes adresses, hein… rien n’est meilleur que de découvrir les bon plans soi-même (et puis j’aime bien garder quelques secrets, aussi)

Sur ce, je sors dîner dans un nouveau resto thaï qui me semble mériter qu’on s’y intéresse, et je vous laisse rêver à la Cité des Anges!

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L’hôtel Shangri La vu du fleuve et au fond, le dôme doré qui surplombe le Sirocco.

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5 réflexions au sujet de « One day in Bangkok »

    1. Merci Léopoldine, si tu pars à Bangkok il faudra que je te fasse un petit complément d’infos avant ; ) Et oui tu as raison ca manque de quelques images mais je trouvais que le post était déja terriblement long à faire défiler!

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