Gastronomie

L’Assiette (Paris 14ème)

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(Crédit photo: restaurant L’assiette)

Ça fait un moment que j’attends d’être en jambes pour rendre hommage à mon adresse favorite pour un bon, un très bon dîner à Paris. Je viens de comprendre ce qu’il me fallait pour que ça sorte: je n’y ai pas dîné depuis trop longtemps, j’ai un peu faim, je me lance.
En préambule je me permets cette mise en garde: lecteur au régime sans gras/sel/viande/gibier/sucre/gluten/truffe noire, tu peux reprendre le cours de ta vie sans te donner la peine d’aller plus loin.
Chipoteurs et autres appétits d’oiseaux, ceci ne vous concerne pas. Aujourd’hui c’est un article bombance et ripaille, vous êtes prévenus.

Nous avons découvert l’Assiette il y a presque quinze ans grâce à un grand monsieur aujourd’hui disparu et à sa douce qui y avaient leurs habitudes. Le lieu a été repris depuis avec brio par un jeune et talentueux chef nommé David Rathgeber.
Alors oui, c’est loin, la rue du Château quand on est accrochée comme moi à la rive droite et au nord-est parisien. Mais pour un dîner chez David, je ferais le chemin à pieds; c’est le retour qui serait plus difficile.

L’Assiette fait partie de ces rares (et de plus en plus rares) restaurants que je qualifie de « réconfortants », où l’on se sent bien dès la porte franchie. L’accueil est chaleureux sans ostentation, prévenant sans être pesant. Le décor est clairement bistrotier chic (et surtout pas « néo bistrot », malheureux!) dans la lignée des jolies brasseries parisiennes, avec un côté cosy et détendu. Pas de déco lounge, pas d’esbroufe, une bonne nouvelle: les disciples de Jacques Garcia ne sont pas passés par là. On a affaire à la tradition dans ce qu’elle a de meilleur, aux yeux comme au palais.

Car la cuisine est à l’avenant…Plats canailles, cuisine bourgeoise de haute volée; David et son équipe travaillent des produits extraordinaires et ne leur infligent ni intitulés ronflants, ni épices scélérates ni dressages prétentieux. Ici on appelle un chat un chat, et une truffe, une truffe. Les assiettes sont époustouflantes de maîtrise, de qualité, et ce qui ne gâte rien, généreusement servies.

Le jambon servi en amuse-bouche est à lui seul un grand moment gustatif. A se dire qu’on avait peut-être oublié le goût du vrai jambon. Et la suite, mes amis… un prodigieux feu d’artifice de bonnes choses. Les entrées oscillent entre fraîcheur délicate (le tartare de crevettes bleues, le crémeux de tourteau) et tradition roborative (en saison, le « petit » pâté de gibier au foie gras est un vrai miracle de puissance et d’équilibre) Les plats sont tout bonnement incroyables: j’ai un faible pour les quenelles Nantua, mais quand vient la saison de la truffe, les coquillettes jambon comté truffe sont à se damner. Ici, on s’en doute, il n’est pas question d’huile vaguement aromatisée ni de truffe importée d’une provenance douteuse. Idem pour toute la carte: rien que du bon, du beau, du vrai!
Il y a un signe qui ne trompe pas, quand vous entrez à l’Assiette ça saute aux yeux, les gens qui y dînent sont de bons vivants (on y croise assez peu de mannequins orthorexiques) et ils sont HEU-REUX.
Je n’ai encore jamais testé le mythique cassoulet de la maison, parce que ce n’est a priori pas ma tasse de thé, mais je me dis parfois en voyant le plat arriver sur une table que je tenterai sans doute l’expérience un jour (et j’ai bien peur que ce jour là ne soit celui de ma conversion définitive tant il a l’air savoureux)

Tout ce bonheur serait incomplet s’il n’était accompagné de vins délicieux et si vous avez du mal à choisir, laissez-vous faire; le sommelier vous guidera avec gentillesse et compétence vers le flacon parfait.

Il est essentiel d’arriver à l’Assiette en ayant vraiment faim parce que sortir de là sans avoir pris un dessert serait parfaitement scandaleux. Le pot de crème au caramel est délicieux, et les soufflés, dont le parfum change au gré des saisons et de l’inspiration du chef, merveilleux (souvenir ému de la version verveine lors de notre dernier passage).

Voilà il y a quelque chose de Rabelaisien dans cet endroit: on n’y vient ni pour la déco (pourtant parfaite à mon avis) ni pour la frime ni pour aucune mauvaise raison: on vient à l’Assiette pour la cuisine, généreuse et exceptionnelle, pour la convivialité, la gentillesse, le partage, la chaleur. Pour ce qui fait un Restaurant « avec un grand R », en somme.
Et on en sort les papilles et le cœur contents, parce les lieux comme celui-ci sont rares, et qu’on est heureux rien qu’à la pensée d’y revenir souvent, et longtemps!

L’Assiette
181, rue du château
75014 Paris.

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