Running

Retour sur La Parisienne 2015

Je me suis remise à courir il y a quelques mois (en juin, plus précisément) La quarantaine aidant, je me disais qu’il y avait urgence à refaire un peu de sport. Les tarifs exorbitants des salles de sport type CMG m’ont pas mal motivée à chercher une autre activité…

Bref, j’ai opté pour le sport dont tout le monde parle en ce moment (petit mouton inside) et surtout, qu’on peut pratiquer partout et tout le temps, à la seule condition d’avoir une paire de chaussures décente, un bon soutien-gorge, un t-shirt et un corsaire: la course à pied. Ca n’a pas été sans peine au début, j’avoue: je suis fumeuse, pas très régulière dans l’organisation de mes journées, et pas du genre à souffrir le martyre pour me faire du bien… Et puis j’habite à deux pas des Buttes Chaumont: c’est un très joli parc, mais c’est l’ennemi des jambes et du petit coeur fragile du coureur débutant, à cause des côtes, escaliers et cochonneries en tout genre qu’on rencontre sur son parcours. J’ai donc démarré doucement, et j’ai vite vu l’intérêt de suivre un plan d’entraînement de l’appli Nike+Running: 5 kilomètres pour les nuls débutants. Ah oui parce que quand je m’y suis mise, je ne courais pas plus de deux minutes avant de m’étouffer (les joies de la cigarette) et que ça peut vite être très décourageant. C’est ingrat, la course: tu pars de chez toi un beau matin, motivée comme jamais, et au bout de cinq minutes tu sues sang et eau et tu donnerais n’importe quoi (oui, tes Nike Pegasus flambant neuves aussi) pour ne jamais avoir eu cette idée stupide.

Les premières séances du plan Nike sont toutes composées d’alternances marche rapide/course lente, pour habituer le corps et le coeur en douceur. Au tout début, on court donc par intervalles d’une minute, puis deux, puis 1km, puis 1,6km et ainsi de suite, en intercalant toujours des phases de récupération (« active« : on ne s’assoit donc pas sur un banc en attendant de retrouver un rythme cardiaque supportable! on marche, et vite) entre les périodes de course. L’erreur fatale du débutant (et la mienne) c’est de courir trop vite au début, de s’épuiser et d’être à ramasser à la petite cuillère avant le premier kilomètre. Après avoir compris ça, les séances sont nettement moins pénibles!

En juin, un soir où je ne devais pas être très lucide, j’ai fait un truc que j’ai regretté en trois secondes: je me suis inscrite à une course, La Parisienne. Juste après je me traitée de dingo intérieurement: je courais à peine un kilomètre sans pause et je venais de signer pour un parcours de 6,7km, au milieu de filles follement efficaces, rapides, élégantes (celles qui courent à grandes foulées gracieuses, sans rougir ni transpirer ni souffler fort, vous les voyez vous aussi, hein?) Bon, la course avait lieu début septembre, ça me laissait quelques semaines pour y arriver, et c’était pas gagné.

La Parisienne, c’est quoi? C’est une course réservée au femmes, qui a lieu chaque année à Paris depuis 1997 et a rassemblé 40000 coureuses (!) cette année sur un joli parcours entre Iéna et Ecole Militaire:

parcours magasine 2015

Alors pour tout vous dire, les évènements 100% féminins, moi ça ne me branche pas particulièrement. J’ai choisi cette course parce que la date me semblait judicieuse pour me motiver à courir pendant l’été et à ne pas lâcher ce que je venais de commencer, parce que le parcours me plaisait et que la distance était raisonnable pour la débutante poussive que je suis, mais le côté « girls only » me faisait un peu peur, ça doit être lié à des images de filles pourtant normales devenant à moitié hystériques quand elles dînent entre copines: les couinements et les rires de gorges de mes congénères féminines en bande ont tendance à me crisper, alors 40000 filles surexcitées sur le pont d’iéna, ça m’angoissait pas mal.

J’avais embarqué quelques copines sur ce projet de rentrée et l’une d’elles a posé une question fort pertinente: mais pourquoi elle est si chère, cette course? Le dossard est à 40€ pour les premières inscrites, puis 50 pour les autres. Pour vous donner un ordre d’idée, le semi-marathon de Paris (21km, donc) coûte entre 49 et 59€, et l’organisation en est tout aussi colossale que celle de La Parisienne. Mais celle-ci communique beaucoup sur les dons qui sont faits à la recherche contre le cancer du sein. Et moi, naïve que je suis, ça m’avait suffit pour payer mes 50€ sans broncher. Il faut quand même savoir, lectrice chérie, avant de t’inscrire pour La Parisienne 2016 que les dons représentent 2% du prix du dossard… soit un euro par participante. Ben moi, si j’avais été un peu plus curieuse avant de valider mon paiement, je crois que j’aurais choisi une autre course. Disons que je me suis emballée… Et que je ne le regrette vraiment pas! Car voilà le secret du succès de cette course: l’ambiance est géniale, le parcours est beau, et l’organisation (même si j’ai lu ici ou là des critiques assez virulentes) est selon moi très au point.

L’inscription se fait sur le net, puis il faut faire remplir par son médecin un certificat attestant qu’on ne présente aucune contre-indication à la pratique de la course à pied en compétition. En gros, si tu n’es pas équipée d’un pacemaker et que le coeur qui bat dans ta poitrine est d’origine, je crois que la plupart des médecins te signeront le papier en deux minutes après t’avoir auscultée rapidos et posé deux questions.

Les deux jours précédant la course, il faut aller retirer son dossard au village installé pour cette édition sur le Champ de Mars. (Pour celles qui n’ont pas pu charger leur certificat médical sur le site web, c’est la dernière occasion de le fournir) Avec le dossard on vous remet un T-shirt et un sac à dos contenant les goodies que Papa Noël et les sponsors ont sélectionné pour vous: une barre de céréales , un brassard-porte monnaie ou clés, une petite culotte (ben oui, cette année Variance faisait partie des sponsors), une boîte de thé Lov Organic (ça c’est chouette) et d’autres trucs que j’ai oublié.

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Dimanche 13 septembre, c’était le grand jour. La veille, j’avais marié mes amis O et R, quitté sagement la fête à une heure très raisonnable, fait un passage au bureau de l’amoureux puis… bu des Garden Party au Copper Bay (oui, « n’importe quoi ») en me disant que c’était pas le marathon de New York non plus et qu’on verrait bien.

Le jour J donc, dans le métro à 8h du matin, c’est une marée de femmes en running dans une ambiance colonie de vacances. J’ai rendez-vous avez les copines à 8h30 au métro Ecole Militaire, puis on se dirige vers le Pont d’iéna où aura lieu le départ, sous le regard de la Dame de Fer et devant le Trocadéro Mes amies courant plus vite que moi, on s’est mises d’accord: on prend le départ ensemble puis on fait la course chacune à notre rythme, et rendez-vous à l’arrivée. Il n’y a rien de pire que de forcer l’allure pour ne pas perdre ses copines, à part peut-être s’imposer une course plus lente que d’habitude pour attendre une coureuse moins speed! Les premiers départs ont lieu à partir de 9h30 et on se retrouve dans le sas 8 ou 9, je ne sais plus, départ à 10h30, sous quelques gouttes de pluie. (Visiblement on s’est pas mal débrouillées car les dernières sont parties autour de midi) Les pavés mouillés, ça glisse, et quelques coureuses font une petite cascade dans les premiers mètres. On est plusieurs à s’arrêter pour relever miss Holiday on Ice. Le parcours est vraiment chouette, courir sur les quais fermés à la circulation dans une ambiance hyper joyeuse, ça aide! Des groupes de musique placés le long de la course entretiennent la motivation, les trois premiers kilomètres passent comme une lettre à la poste. Ravitaillement au km3: bananes, barres de céréales et de l’eau, de l’eau! En arrivant au tunnel d’Iena, surprise: il est transformé en boîte de nuit, « Les Parisiennes Club »: fumigènes, boule à facettes, DJ et gros son sortant d’enceintes XXL qui poussent à accélérer l’allure. Galvanisée et projetée en avant par les BPM, j’en sors avec un rythme très soutenu… et arrivée en haut de la côte, bim: plus de jambes, plus de poumons, plus de moi. Le mur! Je ralentis en espérant ne pas tomber dans les pommes, mais un peu plus loin, j’ai beau lutter, je dois faire un petit bout de chemin en marchant pour récupérer. A côté de moi, Caroline (nos prénoms sont inscrits sur nos dossards) est dans le même état: on se regarde, on se dit qu’il doit nous rester deux kilomètres et que ça va le faire. Un spectateur nous annonce « 1km800! »: c’est reparti. Petites foulées, surtout ne pas s’emballer, on approche du but et on passe devant un groupe d’écossais en kilt qui jouent de la cornemuse. La pluie commence à tomber dru mais on s’accroche, je fais mon dernier kilomètre sous des trombes d’eau, ça rafraîchit et c’est plutôt agréable. A l’approche de l’arrivée je me dis que tous ces gens qui nous encouragent sont vraiment chouettes de rester malgré cette météo! Un petit garçon haut comme trois pommes me crie « Allez Charlotte! » et me tape dans la main. A 500m de l’arrivée, un groupe de filles encourage l’une d’elles qui est sur le point de craquer, en larmes. Elles repartent à son rythme, je les double en me disant que finalement, les filles en bande c’est pas si mal. Au passage de la ligne, je suis tellement contente que j’en ai les larmes aux yeux, et sur les photos finish j’ai un sourire béat!

Je m’étais promis de finir en moins d’une heure, j’ai couru en 58 minutes: je suis une tortue, mais je l’ai fait. Et il y a encore trois mois je pensais que c’était impossible. Je bois une bouteille d’eau, puis une deuxième, puis je récupère ma médaille, et je rejoins mes copines sur le quai du métro. Elles ont bouclé leur course en 45mn, les championnes ; )

Bilan:

Les – :

  • c’est cher par rapport à d’autres courses
  • beaucoup de monde donc potentiellement beaucoup d’attente avant le départ
  • un peu de bousculade au départ et pour celles qui courent vite, il y a des coins où ça peut bouchonner un peu
  • le prix des photos finish est franchement prohibitif (il pourrait y avoir une photo incluse dans le prix du dossard, mais techniquement c’est impossible car celles dont le numéro de dossard n’était pas assez visible lors de l’arrivée ne peuvent pas retrouver leurs photos sur le site!) ce qui explique que vous ne les voyez pas dans cet article!

Les + :

  • l’ambiance est top, c’est très joyeux et très motivant, il y a de la musique sur tout le parcours
  • le tracé de la course est sympa et on passe dans des endroits magnifiques
  • la distance est faisable par à peu près tout le monde, car même pour les tortues, 6,7km c’est possible
  • l’organisation, compte-tenu de l’ampleur de l’évènement, est nickel
  • les spectateurs qui encouragent les coureuses: ça aide vraiment!

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Conclusion: on y retourne l’année prochaine. Mais en attendant, je me ferais bien un petit 10km moi!

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6 réflexions au sujet de « Retour sur La Parisienne 2015 »

  1. Bravo pour ta course ! Je devais la faire aussi mais suite à un petit bobo j’ai préféré annuler pour être en forme pour les 10km Paris Centre. Rendez-vous l’année prochaine 🙂

  2. J’ai bien ressenti l’ambiance de la Parisienne la première fois que je l’ai faite. Tu m’as donné envie de m’inscrire de nouveau. Peut-être qu’on se croisera l’année prochaine.

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